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22/03/2011

Musée-Mémorial du Camp de Rivesaltes (66)

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Une visite très intéressante en allant à Perpignan voir l'exposition sur les "Dinosaures et l'Homme de Neandertal", je m'arrête pour voir de près, le fameux "Camp Joffre* connu sous le nom de Camp de Rivesaltes" il s'étend sur près de 600 hectares au pieds du Canigou. Le camp se trouve à environ 5 km de Rivesaltes avec plusieurs îlots (plusieurs baraquements dans un îlot) désignés chacun par une lettre de l'alphabet.

* On l'appelle aussi le "Camp Joffre", car l'idée venait du "Marechal Joffre" lui-même, la construction débutera en 1938.

CAMP JOFFRE - CAMP DE RIVESALTES

PHOTO N. BERGE--MMCR-CGPO

camp de Rivesaltes - N.Berg--MMCR_CGPO.jpg

J'y ait découvert un lieu de souvenir, de tristesse, de recueillement, de mémoire ou a eu lieu une partie tragique de l'histoire du XXéme siècle. Serge KLARSFELD disait de Rivesaltes que c'était "LE DRANCY de la Zone Libre".

UNE PARTIE DES CLÔTURES BARBELÉS

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De loin on aperçoit d'abord le "Parc Éolien de Rivesaltes" avec ses 8 énormes éoliennes, ses longues pales tournant à plein régime ce jour là. Aux pieds de celles-ci des panneaux en expliquent le fonctionnement, à leurs pieds on se sent bien petits...

PARC ÉOLIEN DE RIVESALTES

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En avançant on commence à apercevoir les ruines du camp mais, je n'imaginais pas ce que j'allais y voir, des baraquements à perte de vue. J'ai été très étonnée de voir ce camp si grand, émue de me retrouver parmi tous ces baraquements, parmi ces ruines à perte de vue. J'imaginais les personnes qui avaient pu vivre dans cette plaine désertique balayé par le vent, combien avaient'il souffert pour essayer de survivre, certains y ont laissé leur vie.

Site sur le Camp Joffre - Camp de Rivesaltes :

http://www.ajpn.org/internement-Camp-Joffre-a-Rivesaltes-169.html

camp de rivesaltes.

L'endroit est balayé par un vent glacial venant des Pyrénées pas loin, il vous transperce les os, ce jour là il y faisait très froid, le vent soufflait si fort qu'on l'entendait siffler dans nos oreilles. Y avait-il mêlées les plaintes dans ses ruines qu'on entend (ou qu'il m'a semblé entendre) de tous ces gens passés dans le camp, qui ont souffert, pleuré, subi, crié et qui pour certains sont morts... afin qu'on ne les oublie jamais.

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J'ai trouvée des baraquements encore debout et en bon état qui s'alignent à perte de vue, les vestiges des latrines à la Turque en plein air dans plusieurs endroits du camp tellement le camp est immense. Des ruines, des gravats jonchent le sol, des barbelés ou la végétation a repris peu à peu ses droits sur cet endroit de désolation.

LES LATRINES A LA TURQUE EN PLEIN AIR

 camp de rivesaltes.

J'imaginais les gens faisant la queue dans ces endroits, transis de froid essayant de se protéger tant bien que mal. Un bâtiment tout en longueur en béton, on monte 5 ou 6 marches les unes à coté des autres une dizaine de toilettes dont voici les photos.

LE BÂTIMENT DES LATRINES 

camp de rivesaltes.

Je n'imaginais pas voir un camp de ce genre si prés de chez moi, on devrait y amener les jeunes écoliers visiter les lieux de mémoire (certains le font heureusement), afin qu'ils prennent conscience de l'histoire qu'on ne lit que dans les livres mais qui semble tellement loin et seulement dans d'autres pays et pourtant si près de nous.

camp de rivesaltes.

De voir tous ces baraquements m'ont rendue très triste, certains baraquements étaient en bon état, les cadres des portes et fenêtres encore visibles, des bâtiments à perte de vue, d'autres à moitié démolis, d'autres complètement démolis, des fils barbelées un peu partout etc.

camp de rivesaltes.

Je suis entrée dans un baraquement encore intact pour prendre la photo, quelle tristesse et quelle peine, tant de souffrances endurés par ces enfants, ces femmes et hommes, j'imaginais les lits en bois alignés à droite et gauche que j'ai vu dans certains reportages.

LA MATERNITÉ D'ELNE OU "CHÂTEAU D'EN BARDOU"

(avant le début des travaux)

musée mémorial du camp de rivesaltes,camp d'internement et de déportation camp des milles encore inta 

Pendant cette période, un groupe de femmes va aider les femmes enceintes à sortir du Camp de Rivesaltes afin d'aller accoucher à la "Maternité d'Elne", mais je vous en parlerais plus en détail lors d'une prochaine note.

 

INTÉRIEUR DE CERTAINS BARAQUEMENTS

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Une fois quittée la nationale on traverse une ligne de chemin de fer, le pont au dessus de l'autoroute, devant un centre de formation de l'A.F.P.A. avec devant un ouvrage en réalisé en pierres sèches par des stagiaires (ils apprennent les métiers de la construction) en 1994, on passe aussi devant les éoliennes.

camp de rivesaltes.

On prend un chemin de terre et plus on se rapproche et plus on voit les baraquements et on se retrouve en plein milieu du camp, partout ou notre regard se porte des ruines, des piliers qui devaient être une parmi tant d'autres entrées.

LES RESTES DE PLUSIEURS ENTRÉES DU CAMP

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Le camp est tellement étendu, immense, à perte de vue qu'il possédait plusieurs entrées, beaucoup de fils barbelées un peu partout encore en place, c'est très émouvant de voir ces restes d'un passée si douloureux et se dire combien de souffrances ont eu lieu dans ce lieu.

DES BARBELÉS, ENCORE DES BARBELÉS... PARTOUT DES BARBELÉS 

camp de rivesaltes.

Certains témoignages diront que c'était un "Camp très dur" à l'hygiène épouvantable, la famine, le froid, les maladies telles que la typhoïde, la dysenterie, la faim étaient telles, qu'elles provoquaient la mort. Le marché noir était monnaie courante ainsi que les hivers très froids et les étés très chauds.

ENTRÉE AUX DEUX ARCHES CELLE DE DROITE EST PAR TERRE

camp de rivesaltes.

camp de rivesaltes.

camp de rivesaltes.

Sur la route du village de "OPUL" face à une des entrées du camp, le Conseil Général des Pyrénées-Orientales avec des associations, ont fait ériger des stèles commémoratives.

UNE PARTIE DES STÈLES

camp de rivesaltes.

Toutes ces stèles commémorent les hommages rendus aux "Juifs, Harkis, Tsiganes, aux victimes de la Shoah, aux civils et militaires lors de la Retirada Espagnole aux victimes de la Barbarie Nazie".

camp de rivesaltes.

Dans un coin du camp on trouve des panneaux nous en expliquant un peu l'histoire, je vais vous retranscrire ce que j'ai lu sur les panneaux :

NE PAS OUBLIER

Une plaine entre étangs et montagnes à quelques kilomètres de Perpignan,

au bord de l'autoroute.

Depuis combien de temps et pour combien de temps encore ces baraquements,

ces vestiges, ces restes de barbelés sont-ils encore là ?

Faut-il nettoyer les lieux, la mémoire ?

Est-il possible de traverser cette plaine sans se poser de question ?

En faire un lieu, où il ne se serait jamais rien passé ?

camp de rivesaltes.

musée mémorial du camp de rivesaltes.

Camp militaire, camp de transit pour les réfugiés espagnols, centre d'hébergement surveillé, centre régional de rassemblement des Israélites, camp de dépôt de matériel allemand, c'était aussi un camp de regroupement des Harkis et de leur famille, centre de transit pour les troupes du contingent.

camp de rivesaltes.

Lieu où les destins d'enfants, d'hommes et de femmes se sont croisés, au gré d'événements tragiques entre 1938 et 1970, le Camp de Rivesaltes est un témoin des années noires du XXème siècle. Ce site est singulier par sa spécificité historique, ses dimensions, son état de conservation qui permet encore de voir et ressentir ce qu'était un camp. Oui on est presque plongés dans un documentaire dont on serait les témoins de ce triste lieu.

camp de rivesaltes.

musée mémorial du camp de rivesaltes.

musée mémorial du camp de rivesaltes.

C'est pourquoi, dans une démarche de responsabilité citoyenne, le Conseil Général des Pyrénées-Orientales a décidé d'ériger un "Mémorial en lieu et place de l'ancien îlot F" (42 hectares) du Camp Joffre de Rivesaltes, dont le site est inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. L'architecte Rudy RICCIOTTI va s'occuper de la construction du Musée-Mémorial, sa superficie sera de près de 3 000 m² et devrait être terminée en 2014.

Voici le site Internet :

http://www.cg66.fr/52-le-memorial-de-rivesaltes.htm#par2511

camp de rivesaltes.

VUE AÉRIENNE DE L’ÎLOT F - PHOTO N. BERGE--MMCR-CGPO 

Copie2 de Vue a-rienne -lot F -  N.JPG

Ce mémorial deviendra un "Espace de Référence de l'Histoire de l'Internement en France depuis la Seconde Guerre Mondiale"Ce sera une sorte "d'Aide Mémoire" inscrit dans le temps, permettant aux générations actuelles et à venir, une prise de conscience, un travail de mémoire pour mieux comprendre et surtout pour ne jamais oublier.

camp de rivesaltes.

Site Musée-Mémorial Camp de Rivesaltes :

Lieu d'histoire et de mémoire, témoin de l'internement infligé à différentes communautés et populations civiles lors des conflits majeurs du XXe siècle :

  • la Guerre d'Espagne et l'exil des Républicains espagnols,
  • la Seconde Guerre Mondiale (ce camp fut un lieu de déportation des Juifs, d'internement des Espagnols et des Tsiganes),
  • La Guerre d’Algérie, pour l'hébergement des Harkis,

Il abrita aussi, jusqu'en 2007, un Centre de Rétention Administrative dont voici la stèle commémorative.

 camp de rivesaltes.

Dans la plaque il est écrit :

Ici, de Janvier 1985 à Décembre 2007, se trouvait un centre de rétention ou ont été enfermés des milliers de femmes et d'hommes dont le seul tort était d'être étrangers, considérés comme étant en situation irrégulière.

"Tous les êtres naissent libres et égaux en dignité et en droit"

- article 1 de la déclaration des droits de l'homme.

Cimade des Pyrenées-Orientales.

 

STÈLE EN HOMMAGE AUX TSIGANES

camp de rivesaltes.

Voici le texte qui s'y trouve gravée :

Toi qui ne connais ni frontières ni chaînes,

Toi dont la liberté coule dans tes veines.

  

La folie des hommes... la folie Hitlérienne,

Ici t'ont enfermé aux portes de la haine.

  

Toi qui passe, prie, que cela jamais ne revienne,

Dis le... crie-le au monde, afin qu'il se souvienne.

 

Ces larmes d'acier sont des larmes de sang,

Souffrances des TSIGANES, ROMS et GITANS.

14 Janvier 2009 

camp de rivesaltes.

Par la construction de ce "Musée-Mémorial du Camp de Rivesaltes" sur l'îlot F, le Conseil Général des Pyrénées-Orientales, le Conseil Régional Languedoc-Roussillon et leurs partenaires, proposent aux citoyens d'ici et d'ailleurs, à une réflexion historique et un hommage à la mémoire des enfants, des femmes et hommes internés dans ce lieu.

camp de rivesaltes.

Dans le dossier de presse que le Conseil Général m'a envoyée, de la documentation très intéressante dont voici une coupure de journal du POINT du 4 novembre 2010. On peut y voir une photo d'un baraquement des femmes.

LE POINT DU 4 NOVEMBRE 2010

camp de rivesaltes.

Il y avait aussi un courrier du Conseil Général avec un "APPEL A DOCUMENTS" qui est demandé avec les coordonnées ou l'on peut joindre la personne qui s'en occupe. Si vous ou quelqu'un que vous connaissez possède des témoignages de cette époque, n'hésitez pas à la contacter c'est important pour la mémoire.C'est aussi une façon de ne pas oublier en rendant hommage à toutes les personnes qui furent internées dans ce camp. 

camp de rivesaltes.

Voici le courrier :

camp de rivesaltes.

Dans la documentation il y a aussi des fiches "Parcours de Vies" qui parlent de la vie du camp, pourquoi et à quelle époque étaient-ils là comme par exemple : 

  • Madame Friedel Bohny-Reiter infirmière engagée dans le "Secours Suisse aux Enfants" de novembre 1941 à novembre 1942, elle est internée volontaire au Camp de Rivesaltes.

Site qui parle de Madame Friedel Bohny-Reiter née en 1912 à Vienne, est disparue en 2001, elle a reçu la Médaille des "JUSTES parmi les Nations" en  1990, les Justes, ont risqué leur vie pour venir en aide aux Juifs :

http://www.ajpn.org/juste-Friedel-Bohny-Reiter-266.html

Pendant cette période, elle tiendra son journal dans lequel elle consigne au jour le jour son travail auprès des internés. Ce journal, qui sera édité en 1993, deviendra un véritable document de référence pour l'histoire du camp de Rivesaltes 

camp de rivesaltes.

Les desseins de Friedel, particulièrement émouvants et chargés de cette expérience constituent également un témoignage important.

Il y a aussi la fiche de Monsieur Antoine de la Fuente y Ferras :

  • en février 1939, Antoine se trouve parmi les centaines de milliers de Républicains Espagnols qui fuient la dictature Franquiste pour se réfugier en France. Son histoire est l'histoire d'un exil, l'histoire des camps d'internements, l'histoire d'une longue et difficile intégration. 

camp de rivesaltes.

Il y a aussi Monsieur Paul Niedermann :

  • Paul a 13 ans en octobre 1940, lorsqu'il est pris avec sa famille dans une rafle en Allemagne. Son parcours témoigne des tragédies qui ont marqué la Seconde Guerre Mondiale mais participe aussi de l'ensemble des actions menées par les œuvres de secours. 

camp de rivesaltes.

En tout cas c'est une visite que je recommande à tous malgré l'émotion et la tristesse qu'elle dégage, elle nous rappelle que l'être humain est capable de tout... oui de tout... et que l'histoire peut toujours se répéter si l'on n'y prends garde !!!

On espère toujours, que plus jamais nous ne verrons ça, mais il suffit de regarder les informations à la télévision et de voir le "Monde bouger et de l'horreur partout", pour voir que personne n'a rien appris de cette triste époque à des degrés différents.

BARBELÉS PRÉSENTS PARTOUT DANS LE CAMP

 camp de rivesaltes.

Je vous parlerais plus tard, d'un autre "Camp d'Internement et de Déportation Français" encore intact qui sera accessible au public durant l'été 2012. C'est le "Site Mémorial du Camp des Milles 1939 - 1942", il se trouve à Aix-en-Provence 13547.

Voici le Dossier de Presse avec son histoire, des photos et diverses informations, dés son ouverture je m'y rendrais et vous le ferais découvrir :

http://www.campdesmilles.org/upload/campdesmilles-dossier-presentation.pdf

musée mémorial du camp de rivesaltes,camp d'internement et de déportation camp des milles encore inta

Dans ce bâtiment furent internés plus de 10 000 personnes dés le 2 septembre 1939, j'ai vu sa façade de briques de différentes couleurs avec ses 2 cheminées hautes vers le ciel. C'était une ancienne briqueterie désaffectée, on y voit un imposant bâtiment à la couleur brique, une vieille horloge à son sommet aux chiffres romains arrêtée ainsi qu'une Vierge Marie qui regarde vers le bas.

CAMP DES MILLES EN TRAVAUX OUVERTURE ÉTÉ 2012  

musée mémorial du camp de rivesaltes.

Une pensée pour toutes ces personnes,

du Camp de Rivesaltes,

et de tous les autres Camps...

Afin qu'on ne les oublie jamais...

  

Commentaires

Monique,
Je viens de recevoir un mail mais je voulais savoir si c'est toi qui m'envoie ton adresse car il n'y a rien d'écrit.
Merci de me le confirmer.
Je t'embrasse.
Ornella

Écrit par : Ornella | 23/03/2011

bonsoir Ornella,
oui c'est bien moi, je n'ai pas fait de commentaire, simplement demandé l'adresse e-mail
à plus tard - affectueusement Monique

Écrit par : monique | 23/03/2011

MA DEPORTATION
Irène ISRAËL née Krämer
(Des extraits de ce témoignage ont été repris dans le n° 2446 du 22 au 28.10.2009 du Nouvel Observateur page 26)

J'ai été déportée avec ma grand' mère, mes parents et mon frère, de Mannheim (Allemagne) au camp de Gurs dans les Basses-Pyrénées, le 22 octobre 1940 avec les 6'500 personnes de Baden, Palatinat et Sarre.

Voici mon témoignage. Je me suis attachée à décrire les faits vécus durant ces 4 années sans m'attarder sur nos angoisses et autres inquiétudes ressenties pendant cette période.

C'est le 22 octobre 1940 au petit matin que la police sonna à notre porte et nous donna deux heures pour nous préparer à un départ immédiat. Nous n'avions le droit d'emporter que 2 valises par personne. Avec l'accord du policier, nous pûmes conduire notre grand' mère à l'hôpital juif de Mannheim en espérant qu'elle échapperait à la souffrance du climat et aux dures conditions de vie dans un camp de travail (destination présumée). Après un voyage pénible de 4 jours dans un train de voyageurs sans boisson et sans nourriture, nous arrivâmes dans un camp qui n'était absolument pas préparé à recevoir 6'500 personnes. Les baraques en bois dans lesquelles nous logions laissaient passer la pluie. Notre couchage était constitué de paille à même le sol. Notre chef de baraque était une ancienne internée qui essayait d'organiser la vie au mieux dans cet endroit où devaient vivre 100 personnes. Le camp était divisé en îlots. Naturellement, nous étions séparées de mon père et de mon frère qui étaient obligés d'habiter avec les déportés masculins. Peu de jours après notre arrivée, nous fumes, ma mère et moi, informées qu'une certaine Madame Hirsch - notre grand' mère- nous cherchait et qu'elle se trouvait dans un autre îlot, soit-disant dans une infirmerie: Notre grand-mère avait donc voyagé toute seule sans nourriture et sans boisson durant 4 jours. Il nous fallut un laisser-passer du chef d'îlot (souvent absent) pour être autorisées à aller dans l'autre car il était interdit de circuler d'un îlot à l'autre. Malgré ces difficultés, nous pûmes rejoindre notre grand-mère et nous la retrouvâmes dans un état lamentable. Nous eûmes du mal à la reconnaître, ce n'était plus la grand' mère que nous avions connue. Elle nous reconnaissait à peine. Les infirmières n'avaient aucun moyen de soigner toutes ces pauvres femmes qui avaient perdu le sens de la réalité. Les nazis avaient vidé complètement l'hôpital israélite de Mannheim de tous ses malades; ceux-ci se trouvaient donc, comme ma grand-mère, dans le train de la déportation.
Début janvier 1941, les autorités du camp de Gurs décidèrent finalement de transférer ces malades à l'hôpital de Lannemezan près de Tarbes dans des camions non bâchés. C'est au bout de 15 jours que nous reçûmes un avis de décès de notre grand-mère. Elle ne survécut que 2 semaines après son départ de Gurs. Quant à nous, nous observions la pluie qui n'arrêtait pas de tomber depuis notre arrivée fin octobre 1940. Nous étions obligées de dormir sous nos parapluies et nous étions souvent réveillées par des rats qui sautaient autour de nous. Pour rejoindre les latrines qui se trouvaient loin de nos baraques, il fallait marcher dans la boue. Les personnes âgées perdaient leur résistance à cause du manque de nourriture et d'hygiène. Le matin, nous recevions une tasse de semblant de café, de la confiture allongée avec de l'eau et un morceau de pain. A midi, une soupe de navets et quelques carottes et le soir la même chose que nous finissions avec notre bout de pain. Il fallait surtout veiller à notre hygiène en faisant notre toilette dans une baraque où se trouvaient plusieurs robinets d'eau. Dans l'impossibilité de fermer les portes, nous étions toujours en plein courant d'air mais il fallait surtout ne pas nous négliger afin d'éviter les poux et les poux de corps qui s'introduisaient dans les coutures de nos vêtements et qui provoquaient le typhus et d'autres épidémies.
Fin décembre 1940 ma mère fut atteinte de dysenterie et perdit connaissance. Elle fut admise à l'infirmerie de notre îlot où elle fut soignée sans médicament. Elle reçut seulement un peu de gruyère et de la pomme crue. En lavant son linge souillé, je pris froid et je fus atteinte d'une pleurésie. Pour me soigner, le médecin (déporté comme nous) avait comme seul remède des enveloppements de savon noir. C'est par miracle que nous avons survécu à ces épreuves. Dans ce camp mourraient environ vingt à trente personnes par jour.
Début janvier 1941, on nous fit savoir que les familles ayant des jeunes enfants allaient être transférées au camp de Rivesaltes (Pyrénées orientales) dans lequel les baraques étaient construites en pierre. Nous étions concernés car mon frère n'était âgé que de 15 ans. Le climat était rude et la tramontane soufflait si fort que nos soupes (toujours navets et carottes) dans nos boîtes de conserves se répandaient sur nos vêtements.
Beaucoup d'internés moururent en peu de temps. La vermine, les puces, poux et punaises s'acharnaient sur nous et contribuaient à la prolifération des épidémies. Ma mère souffrait à nouveau de dysenterie. Ce fut grâce à un ami de notre famille qui lui apportait de l'élixir parégorique, qu'elle put être sauvée. Mon père était vaguemestre de la poste du camp et mon frère et moi l'aidions. Ainsi occupés, nous pensions moins à la faim qui nous tenaillait. Nous nous trouvions, ma mère et moi, dans l'îlot K et la poste était dans la même baraque que les bureaux du chef d’îlot. En mai 1941, notre îlot fut divisé par des fils de fer depuis la baraque du chef. Nous trouvions cette décision très étonnante. Nous devions apprendre par la suite qu'il s'agissait de préparer la déportation des internés vers Drancy.
C'est à cette période que mon frère et moi fûmes convoqués dans la baraque de l'O.S.E. pour y rencontrer Vivette Samuel et Andrée Salmon, toutes deux responsables des Eclaireurs Israélites de France. Ces personnes, pleines de courage et de dévouement, nous proposaient de sortir du camp de Rivesaltes pour rejoindre un groupe de jeunes Juifs à Charry, près de Moissac (Tarn et Garonne). C'est avec une joie immense que nous acceptâmes leur proposition. En dépit de la douleur qu'ils éprouvèrent à l'idée de nous voir partir, nos parents nous laissèrent aller vers l'inconnu. Nous nous écrivions régulièrement et nous essayions de leur faire parvenir quelques victuailles trouvées avec difficulté pour tenter d'assouvir leur faim. Début août 1941, nous étions sans nouvelles: un évènement terrible se préparait. Le responsable de notre groupe à Charry, Isaac Pougatch, nous prit à part pour nous informer que des "départs" du camp de Rivesaltes vers l'Est avaient commencé. Nous pressentions un malheur imminent. Le groupe, tous Juifs français, craignait pour nous, Juifs étrangers. ils organisèrent avec nous une cachette dans la forêt en contrebas de la propriété. On nous apportait tous les jours un peu de nourriture. La pluie tombait et certains souffraient d'angines. Nous dormions à dix sous une tente, près d'une source où nous pouvions faire notre toilette.

Nous redoutions les promeneurs cherchant des champignons. Un jour nous apprîmes que les gendarmes arrêtaient les juifs étrangers. Nous devions donc quitter notre cachette pour une nouvelle destination. Nous fûmes donc, les dix jeunes du camp de Rivesaltes séparés les uns des autres. Mon frère et quelques autres furent dirigés vers un orphelinat et moi, vers un couvent dans la région de Moissac, avec une camarade.
Les Sœurs nous apportaient des légumes à éplucher dans notre chambre que nous ne devions pas quitter. Afin de nous perfectionner dans la langue française, elles nous prêtaient des livres et les récits nous permettaient de faire des dictées. Je n'avais plus de nouvelles de mes parents et de mon frère depuis début 1942. Je ne savais pas si ce dernier avait réussi à passer en Suisse avec son groupe E.I.
Entre-temps les Eclaireurs Israélites avaient cherché des familles françaises disposées à recevoir des enfants et des jeunes gens juifs.
Pour nous cacher, nous, les jeunes filles du camp de Rivesaltes. les E.I., en particulier Roseau Bloch (maintenant Nicole Klein), avaient pu entrer en relation avec des familles protestantes de la Montagne Noire. Elle put trouver une ferme vide et nous fûmes logées aussi bien que possible.
Nous passions pour des éclaireuses protestantes. La nourriture était plus que maigre et consistait en un peu de lait et de pain. Le Pasteur Cook du village de Vabre (qui reçut la médaille des Justes) venait nous apprendre à chanter des cantiques pour l'office du dimanche au temple.

Fin septembre 1942, il commençait à faire froid dans la montagne et Roseau nous dirigea vers d'autres lieux. Ainsi j'arrivais à Lautrec: Chantier Rural des E.I. créé par Castor (Gamzon) et son épouse Pivert. Je fus dirigée vers un groupe agricole composé de quatre garçons dont l'un était ingénieur agronome, l'autre médecin, un autre employé de banque et le dernier commerçant. Nous étions des métayers. Les garçons travaillaient la terre et obtenaient de bonnes récoltes de blé, d'orge, d'avoine et de maïs. Pour ma part, je m'occupais de la basse-cour (poules, canards et oies) et de l'entretien de la maison.

J'espérais pouvoir enfin poser mon sac à dos et rester un moment à un endroit stable. Etant toujours sans nouvelles de mes parents et de mon frère, je vivais dans une grande angoisse. Différents visiteurs du Chantier (devenu Ecole pour adolescents formés par de jeunes étudiants juifs) m'apprirent par hasard que les internés du camp de Rivesaltes avaient été transférés à nouveau au camp de Gurs. Pour sortir de ce camp, il était proposé aux hommes de travailler dans la mine de charbon de Gardanne. Mon père accepta ce dur labeur ayant reçu l'assurance du chef du camp que ma mère le suivrait. Ce qui arriva. J’appris par courrier qu'ils étaient dans un camp de travailleurs étrangers. Peu de temps après leur libération de Gurs, je reçus un télégramme m'annonçant: Mère malade (c'était notre code). J’allais donc, munie de faux papiers établis par les E.I., les cacher chez un paysan à Valence d'Albi.

Nous retrouvâmes la trace de mon frère, âgé de 16 ans, à la prison d'Annecy. En voulant passer la frontière suisse, un douanier l'avait découvert et l'avait livré à la Gendarmerie Française. Son procès eut lieu, un Pasteur du camp de Rivesaltes témoigna en sa faveur, déclarant l'avoir connu comme bon éclaireur dans sa troupe de scouts protestants. Après nos différentes démarches, ce pasteur André Dumas, obtint à Paris la médaille des Justes en mars 1995. Il décéda quelques temps plus tard.

Mon frère Helmut KRÄMER put donc être libéré et me rejoignit à Lautrec. L'imminence d'un risque d' arrestations entraîna la liquidation du Chantier de Lautrec. Je travaillais donc avec une camarade de Lautrec comme surveillante dans une maison d'enfants. Ces derniers avaient été évacués de Narbonne car on craignait le débarquement dans cette région.

J'avais un petit salaire qui me permettait de payer la pension de ma mère au fermier qui hébergeait mes parents. Mon père, en revanche, travaillait aux champs.

Mon frère rejoignit le maquis des E.I. dans la Montagne Noire. Aussitôt que cela lui fut possible, il partit à pied avec un groupe sioniste à travers les Pyrénées vers l'Espagne pour embarquer vers la Palestine. Il y séjourna à Deganya B.

Nous sommes trop peu nombreux à nous retrouver vivants après la Libération et je ne remercierai jamais assez notre D. de nous avoir protégés dans notre si grande misère et de nous avoir fait connaître un vrai miracle.

Je me suis mariée avec un camarade de Lautrec, Claude Israël, décédé en 2003 et j’ai trois enfants, deux petits-enfants et une arrière petite-fille.

Naturellement, je n'ai pas voulu donner tous les détails des dangers encourus depuis notre sortie du camp et de ma vie sous une fausse identité, dans un pays inconnu dont je ne possédais pas la langue.

Mes parents ont rejoint mon frère en Israël et sont décédés en mai 1965 à douze jours
d'intervalle, cardiaques depuis leur sortie du camp.
Voici le récit de maman qui a 90 ans aujourd'hui

Écrit par : Israël-Meyer | 15/11/2011

Bonjour Madame Israël-Meyer,
Merci d'avoir laissée ce témoignage très émouvant sur mon blog. L'histoire de votre maman est un témoignage precieux et j'espère qu'il sera lu par le plus grand nombre.
Je mets ce site :
http://aci-dijon.org/id7.html
ou l'on peut apercevoir des photos du Camp de Rivesaltes avec ce texte et des photos de votre famille.
Toutes mes amitiées à votre maman, une longue et paisible vie à elle afin que sa parole puisse être entendue par le plus grand nombre d'entre nous pour que plus jamais çela n'arrive, mais j'en doute, les erreurs du passé ne servent à personne apparamment.
Merci à vous de m'avoir laissé ce commentaire très intéressant.

Écrit par : Ornella | 20/11/2011

Je viens de lire le témoignage émouvant de Madame Irène Israël-Krämer, que j'ai eu la chance de rencontrer. Moi-même j'ai séjourné au camp d'internement de Rivesaltes.
Du 21 février 1941 au 25 avil 1942, avec ma mère, déportée et gazée à Auschwitz, j'ai (sur)vécu dans ce camp. Malgré mon jeune àge, à cette époque, je me souviens de ce cloaque.
Je vous fais suivre mon témoignage.
Salutations sincères.
David Korn

Écrit par : david korn | 27/11/2011

Bonsoir David,
Vous avez raison, le témoignage de Madame Israël-Krämer est très émouvant (je vais le retranscrire dans une note plus tard).
Je suis toujours émue de lire la vie des personnes ayant vécu cette période noire de notre histoire, j'ai hâte que le Mémorial ouvre ses portes afin de connaître et voir les objets qui y seront exposés.
Si vous le souhaitez je vous laisse mon adresse mail hubert182@orange.fr et vous pourrez m’envoyer votre témoignage que je mettrais sur une note pour qu’elle soit lue par tous. Je n’en doute pas que ce que vous avez vécu, ainsi que la disparition de votre maman à Auschwitz a du être terrible. Je serait ravie si vous voulez et avez des articles de journaux ou autres je les publierais avec plaisir sur mon blog.
J’ai été très émue de me retrouver dans le Camp de Rivesaltes, au milieu des baraquements, j’avais du mal à croire qu’après avoir lu dans des livres cela paraît lointain… mais lorsque l’on se retrouve dans ses lieux, nos pensées vont à toutes ses personnes (dont vous faites partie) qui y ont résidé et aux souffrances qu’elles ont du endurer.
En tout cas David, j’attends votre témoignage et vous souhaite une bonne continuation et à bientôt.

Écrit par : Ornella | 27/11/2011

Bonsoir monsieur Korn,
Je suis enseignante d'histoire à Meylan et grâce à l'archiviste de la commune j'ai pris connaissance de votre séjour. J'ai rencontré le fils d'André et Angèle Burlon. L'an passé, mes élèves de Troisième ont ainsi pu découvrir la famille qui vous a hébergé jusqu'à la fin de la guerre. Je souhaiterais pouvoir échanger quelques mails avec vous, si vous le souhaitez bien sûr, pour mieux connaître l'histoire de vos parents depuis la Pologne jusqu'à la France, en passant par la Belgique. Je souhaite entreprendre un travail de mémoire avec mes élèves, sur le thème de Meylan et les deux guerres mondiales, avec le soutien de la municipalité qui accepte de financer notre projet. Il s'agit de présenter des personnes originaires de Meylan ou qui ont habité la commune au cours des deux conflits mondiaux. Nous sommes en train de travailler sur les soldats meylanais morts pendant la Première Guerre mondiale et nous comptons ensuite approfondir notre travail de découverte de la famille de Justes qui vous a accueilli. Je vous laisse mon adresse email : valpestre@wanadoo.fr
Votre témoignage sur la période 1940-1945 serait précieux pour nous.
J'attends votre réponse.
Cordialement.
Valérie

Écrit par : Valérie PESTRE | 02/12/2011

Alerte
Disparition programmée d’un lieu chargé d’Histoire et de Mémoires

Le projet du Mémorial du camp de Rivesaltes connaît ces jours-ci des transformations (transfert du projet à la région, dissolution du bureau perpignanais….) dont nous sommes incapables à l’heure actuelle de mesurer les conséquences.

Il y a peu, l’armée a réquisitionné deux îlots emblématiques de l’histoire de ce camp pour servir d’entraînement à la guérilla urbaine. Cela signifie la destruction rapide de vestiges inestimables pour le patrimoine mémoriel: voie de chemin de fer qui a servi en 1942, à l’acheminement de convois juifs vers les camps d'extermination ; baraques à l’exemple de la K 12 où ont œuvré des témoins importants comme l’infirmière suisse Friedel Bohny-Reiter.

Ces îlots ont été au cœur de l’internement de certaines populations: les républicains espagnols, les juifs et les tziganes. A partir de 1962, ils ont fait partie du vaste espace qu'ont occupé les harkis. Demain, ces îlots seront un lieu d’entraînement militaire avec toutes les conséquences que l’on imagine pour ce patrimoine.

Face à cette destruction programmée, nous tirons une sonnette d’alarme et nous invitons toutes les personnes qui se sentent concernées par ce scandale, à protester vivement auprès des pouvoirs publics (conseils général, régional, armée, etc.)


L’association « Trajectoires »
(Association née en 2007 autour de la préservation de la mémoire du camp de Rivesaltes ; nous recueillons des témoignages et organisons des actions culturelles afin qu’on ne l'oublie pas)

Écrit par : Bergé Nicole | 04/01/2012

Bonjour Nicole,
Si vous avez des informations n’hésitez pas à nous les faire connaître, je me ferais un plaisir de vous consacrer une note.
Avez-vous des nouvelles sur le Camp et pourriez vous m'envoyer votre calendrier pour voir votre exposition sur les objets du Camp. J’ai été visiter l’année dernière le « Musée Mémorial de l’Exil» à la Jonquera (Espagne).
J’y ait vu une affiche avec des photos de vos objets, Musée très émouvant aussi, cette voute avec tous les pas des exilés nous interpelle et l'on pense au chemin qu'ils ont parcouru et à toutes ces souffrances vécues par les enfants, les femmes et les hommes.
Site Internet du Musée : http://www.museuexili.cat/
A bientôt, mes amitiés.

Écrit par : Ornella | 29/02/2012

● Vendredi 23 mars à 19h à l’Atelier

Vernissage de l’exposition « Savoir une chose comme l’ayant vue »

Une exposition de L’Association Trajectoires en collaboration avec l’Atelier de l’Urbanisme vous invite à découvrir l’Histoire du camp d’internement de Rivesaltes à travers l’exposition « Savoir une chose comme l'ayant vu » de la photographe Nicole BERGE. Cette exposition montre sous forme d'installations et de photographies des objets que l'artiste a récoltés sur le camp de Rivesaltes et qu'elle a assemblés.

Exposition ouverte du 23 mars au 3 avril 2012 – 11h – 17h30 à l’Atelier d’urbanisme, 45 rue François Rabelais – Perpignan

Écrit par : Bergé Nicole | 07/03/2012

je n'étais pas au pays hélas lors de votre expo, peut-on la revoir ou en voir les principaux éléments? Dans le cadre du "dia de la memòria" que j'organise à Elna le 20 mai cette année, sot dimancheprochain nous irons au camp l'après-midi; merci de me donner votre numéro de téléphone ou adresse mail particulière pour vous poser qques questions sur les derniers évènements concernant le mémorial et les destructions prévues.
Félicitations et merci d'alerter sur les dangers
Dgrau

Écrit par : daniela grau | 12/05/2012

DEVOIR DE MEMOIRE

hocine le combat d'une vie par croaclub

lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news

En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l¹époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l¹Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.

35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat

Et pour compléter le documentaire, réécoutez sur SUD RADIO, « podcasts » l'émission du 8/11/11, de Karim Hacene, Enquêtes et Investigations, sur les harkis le camp de saint maurice l'ardoise

Sur radio-alpes.net, Infos Générales - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13)

Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)

Écrit par : louanchi | 12/05/2012

Bonjour Louanchi,
Merci pour votre commentaire j'irais visionner la vidéo.
Cordialement.

Écrit par : Ornella | 13/05/2012

Bonsoir daniela,
Ce n'est pas moi qui organise l'exposition mais Madame BERGE Nicole dont voici son site ou vous pourrez la contacter : http://www.nicoleberge.com/NicoleBerge.com/Camp_de_Rivesaltes.html
Si vous pouvez me faire connaître le programme pour le 20 mai à Elne ce serait sympa.
Bonne continuation à vous.

Écrit par : Ornella | 13/05/2012

J'ai été voir se site, qui est absolument super. Mais je trouve pas le temoignage, la lettre de Paul Niedermannn qui etait enfant pendant ce temp. Comment je peuc le trouver sachant que je le trouve nulle part

Écrit par : Nina | 12/06/2012

Bonsoir Nina,
Merci pour votre commentaire, mais hélas je ne pourrais pas vous aider à trouver cette lettre.
Il vous faudrait contacter certaines associations dont j'ai mis les liens sur les notes qui pourront peut-être vous aider dans cette recherche.
Cordialement.

Écrit par : Ornella | 14/06/2012

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