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04/11/2011

Crypte Archéologique et Cathédrale Notre Dame du Bourg à Digne Les Bains

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Digne-les-Bains se trouve dans un cadre naturel magnifique aux portes des Alpes, elle est aussi la capitale de la lavande tous les ans un Corso a lieu ou la lavande est mise à l'honneur. J'aime beaucoup voir ces paysages aux champs immenses violets qui embaument l'air (j'ai toujours aimée les senteurs de lavande).

Comment venir à Digne-les-Bains :

http://maps.google.fr/maps?q=Digne-les-Bains&hl=fr&ie=UTF8&ll=44.102872,6.236115&spn=0.27908,0.617294&sll=46.75984,1.738281&sspn=9.167792,19.753418&vpsrc=6&hnear=Digne-les-Bains,+Alpes-de-Haute-Provence,+Provence-Alpes-C%C3%B4te+d'Azur&t=m&z=11 

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CHAMP DE LAVANDE APRES RECOLTE

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On a des paysages magnifiques à perte de vue, Digne se trouve au coeur de la Réserve Géologique des Alpes de Haute Provence. C'est une magnifique région que j'aime beaucoup ou l'on peut faire de belles balades ou visiter son important Patrimoine dont 8 musées, je pense y retourner au printemps.

FRESQUES DANS LA CATHEDRALE NOTRE DAME DU BOURG 

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Durant le week-end ou j'ai visité la Fondation de Madame Alexandra David-Néel (voir note du 23/09/2011) j'ai pu voir divers endroits dont, la Crypte Archéologique qui se trouve sous la Cathédrale Notre Dame du Bourg, à ne surtout pas rater si vous passez par la. Je vais vous parler d'abord de la cathédrale Notre Dame du Bourg puis de la Crypte Archéologique qui se trouve dans ses sous-sols.

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Historique

Les fouilles récentes ont permis de découvrir les soubassements d'une église datant des Ve et VIe siècles. Au cours des siècles suivants divers aménagements ont eu lieu, notamment à l'époque carolingienne. Au XIe siècle, des travaux de modernisation furent effectués, le clocher fut édifié, à l'exterieur on aperçoit aux angles deux chapiteaux provenant d'un temple romain. Des traces d'incendie datant vraisemblablement du XIIe siècle semblant indiquer qu'à cette époque une reconstruction totale fut entreprise à l'exception du clocher.

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L'édifice actuel

La construction a dû s'échelonner à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle, différentes bulles papales citent cette église en 1180, 1184 et 1221, mais elle ne fut consacrée officiellement que le 15 juillet 1330 par l'évêque ELZEAR de VILLENEUVE. En 1310 une chapelle fut construite contre le flanc nord-ouest (chapelle St Raynaud) et fut démolie plus tard. En 1335 l'évêque ELZEAR de VILLENEUVE fit construire, en l'honneur de son parent St ELZEAR une chapelle qui existe toujours et sert aujourd'hui de sacristie.

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Les troubles du XVe siècle ont entrainé de fortes déprédations et finalement l'abandon de cette église. L'évêque d'alors, Antoine de Guiramand fit construire de 1490 à 1510 une nouvelle église dédiée à St jérome, près de son évêché placé sur la bulle Saint Charles plus facile à dèfendre. A partir du XIVe siècle on a accepté dans la cathédrale un certain nombre de sépultures, ce qui entraîna un rehaussement du sol d'un mètre environ.

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Au XVIIe siècle divers travaux de réparations ont été effectués à Notre Dame du Bourg. GASSENDI dans son ouvrage sur Digne, précise que cette église est normalement utilisée pour le culte. D'importants travaux de restauration furent entrepris à la fin à la fin du XIXe siècle, mais il fallut attendre ces dernières années (1988-1996) pour qu'une grande opèration de rénovation soit engagée et conduite à bonne fin.

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Description

La cathédrale de Digne est une des réussites spectaculaires de l'architecture romane française.

Vaisseau unique à quatre travées.

Longueur totale 50,5 m, largeur de la nef 9,75 m, hauteur de la nef 18,50 m, surface du clocher à la base 6,10 m sur 5,30 m, hauteur actuelle du clocher 18,50 m.

Cet édifice se caractériqe par un chevet plat, du fait probablement de l'influence de l'évêque GUIGUES de REVEL (1184) qui faisait partie de l'ordre de Chalais, ordre dont les conceptions architecturales étaient proches de celles des cisterciens, et par l'existence d'un transept, assez rare en Provence.

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La nef est couverte d'une grande voûte en berceau brisé, soulagée par des doubleaux à simple rouleau qui retombent sur des colonnes engagées. Celles-ci avaient été endommagées par les canons de LESDIGUIERES (1591) qui bombardaient les catholiques réfugiés dans l'église, elles ont été reconstituées, à l'exception d'une seule, la troisième à gauche pour servir de témoin. Les travaux engagés ont permis de remettre le sol à sa place primitive en le rabaissant d'un mètre vingt environ, ce qui redonne au vaisseau son élan primitif.

MUSEE GASSENDI

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Sculptures intérieures

Les chapiteaux qui surmontent les colonnes soulignent l'évolution subie au cours de la construction, depuis le chapiteau à figure de conception romane (nord-ouest de la croisée) jusqu'à ceux qui se rapprochent du gothique (chapiteaux à crochets).

Remarquez le linteau de la porte qui se trouve à droite de la grande porte en sortant : ce sont les armes du chapitre : un agneau surmonté d'une croix et entouré de deux anges qui l'encensent.

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Dans la travée de droite, une cuve baptismale récupérée dans les fouilles a été réparée. Elle date du temps ou le baptême se pratiquait par immersion.

Dans cette même travée sous la fenêtre nord, se trouve une vierge à l'enfant en marbre blanc du XVIIIe siècle.

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Aménagements modernes

  • Autel, ambon, cathèdre en pierre de deux couleurs qui rappellent les couleurs des pierres du portail.
  • Chandelliers, chandelier pascal, pots de fleurs en fer étamé.
  • Pupitre du chantre, sièges en noyer blond.
  • Tabernacle en onyx.
  • Vitraux, en verre transparent où sont incrustés des verres soufflès leintés dont la couleur se modifie suivant la place d'où on les regarde.
  • Incrustations de cuivre dans le sol indiquant la propagation de la parole de Dieu depuis l'hébreu des origines jusqu'au français actuel :

               - un triangle avec les trois lettres  hébraiques qui signifient "vigne",

          - un carré avec les lettres grecques initiales des mots signifiant "Jésus-Christ Fils de Dieu Sauveur",

               - un pentagone avec le mot latin "Agnus = Agneau",

               - un hexagone où est incrusté en français le mot "Berger".

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Cuve Baptismale

Le onzième symbole est incrusté au sol autour de la cuve baptismale, il représente un nouvel octogone inscrit dans un cercle, signe d'infini. Cette figure qui représente l'ouverture spirituelle, symbolise ici l'ouverture du baptisé à la grâce et la sanctification par l'esprit Saint, de l'âme et du corps du postulant, pour l'aider dans son cheminement sur la terre en vue de la vie éternelle à laquelle chaque être humain est convié. Le Baptême est le sacrement dans lequel Jésus, fils de Dieu et frère des hommes, fait de nous, à travers les rites, les fils et les filles du Père.

Notre dame du III° millénaire

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Oeuvre de Benoit de Souza, conçue et eéalisée par l'artiste et offerte lors des Célébrations de l'Entrée dans le troisième millénaire. Vierge d'inspiration Médiévale Marie siège en Majesté sur un fauteuil ornée de décors locaux, offerte présentant au monde, sur ses genoux, Jésus offert.

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Conformément à la tradition du Moyen Age les visages ont de grands yeux ouverts, les mains sont plus allongées que nature, Jésus, dieu hors du temps, a une tête d'adulte. Il tient dans sa main gauche le monde, il nous bénit de deux doigts de sa main droite, affirmant ainsi sa double nature humaine et divine.

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Les couleurs des vêtements, traités avec des pigments naturels, sont le blanc, le bleu et le rouge. La robe de Jésus reprend la cire d'une ruche d'abeilles, Marie porte une couronne d'or ornée d'une pentacrine, ses pieds sont chaussés de sabots d'or. Une pierre de Bléone rouge au col de la Vierge rappelle que la statue peut être reliquaire.

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La façade

Elle parait avoir été appliquée après coup.

Les colonnes du portail sont absentes, elles ont été brisèes au cours des années.

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Les corbeaux encore en place montrent qu'un auvent en charpente s'y appliquait, supporté vers l'avant par deux colonnes reposant sur les lions qui sont encore en place.

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La rosace a probablement été réalisée postérieurement, car elle trahit une influence gothique.

Enfin les niches de chaque côté, dont l'une est vide, sont nettement moins anciennes.

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La crypte est une découverte exceptionnelle, une fois les escaliers descendus, on a une vue extraordinaire de l'ensemble. J'ai regardé tout autour de moi et j'ai beaucoup appreciée la vision que j'en avais.

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Au premièr coup d'oeil on voit une ensemble immense, on n'en voit qu'une partie mais une fois au fond de la salle, une autre partie aussi imposante et intéressante se présente une fois une arche aux murs très épais passée.

HISTOIRE DES FOUILLES

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PLAN DES VESTIGES DANS LE LIVRET LES ETAPES DU CHANTIER

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C'est un site magnifique, chargé d'histoire, c'est incroyable tout ce que l'on peut admirer, de plus j'étais la seule au début j'avais le site pour moi toute seule j'ai pu en profiter tranquillement ça fait un peu bizarre. On y voit différentes tombes, en fosse, en cercueil, sous tuiles, des tombes carolingiennes, deux moules à cloches, des murs très imposants, un autel une partie d'une mosaïque etc.

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FOSSES A CLOCHES

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Ce musée de site à été inauguré le 24 juin 2010, il est placé sous la tutelle du Musée GASSENDI, Musée de France dont il constitue l'antenne archéologique (fermé le jour de ma venue). La crypte archéologique ainsi que la cathédrale Notre-Dame du Bourg sont propriétès de la Ville de Digne-les-Bains.

Des sondages avaient eu lieu en 1946 ce qui avait permis de mettre en évidence des vestiges sous la cathédrale du Bourg. C'est à partir de 1983 lors de travaux de consolidation de la cathédrale par l'architecte en chef des monuments historiques, Francesco FLAVIGNY.

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Les fouilles duréront trente ans compte tenu de leur richesse, ainsi que trouver les solutions techniques d'amenagement afin de permettre au public de pouvoir admirer la crypte, le projet prend forme lors de la réstauration de la cathédrale.

L'AUTEL CIPPE EN MARBRE DE CARRARE

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Aujourd'hui le musée révèle une partie de l'histoire de la ville de Digne, d'importants vestiges témoignent de l'urbanisation de ce lieu dés le Ier siècle. Puis d'une succession d'édifices réligieux, païens au IIIe siècle, paléochrétiens au Ve siècle, avec l'implantation d'une basilique qui connaîtra des remaniements importants du VIIe au XIe siècle.

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On peut admirer les restes des deux premières basiliques chrétiennes avec la très rare mosaïque du Ve siècle, un autel cippe (fin Ve - début VIe siècle) en marbre de Carrare. On peut découvrir le choeur canonial, jubé, presbyterium, autel, soléa, chevet etc.

LA MOSAIQUE

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LES DETAILS DE LA MOSAIQUE

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Malgré ses mutilations, cette mosaïque à décor géométrique et floral est un précieux témoin des recherches ornementales au cours et à la fin du Ve siècle.

crypte archéologique de la cathédrale Notre-Dame-du-Bourg, Digne-les-Bains (Alpes de Haute Provence, France) 

Sa position dans le presbyterium qu'elle recouvre actuellement dans sa seule partie orientale et l'ampleur de ses motifs suggèrent une composition complexe, adaptée à la surface à couvrir.

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Réalisée à l'aide de matériaux locaux (schistes gris et noirs, terre cuite rouge, gypse blanc, argile jaune), elle repose sur une combinaison de cercles tangents, des motifs variés, tels les vases de fleurs, viennent garnir les plages résiduelles, une large bordure polychrome en damier doublée d'une tresse l'entoure.

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Son style et ses caractéristiques, dont l'emploi de motifs gemmés ou en arc-en-ciel et de tresses bien déssinées, ainsi que les motifs floraux qui constituent des thèmes nouveaux s'accordent avec cette période de recherche observable aussi bien en Narbonnaise qu'en Aquitaine ou en Corse.

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Elle fut réparée sommairement dans sa partie nord avant d'être détruite à l'ouest et recouverte par l'implantation de nouveaux aménagements liturgiques.

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En tout cas une très belle visite dans un site exceptionnel que je vous conseille si vous passez par là. Je vous parlerais plus tard de la Dalle aux Ammonites, les Sentiers du Musée Promenade et diverses autres visites dans les alentours.

Bonne visite à tous. 

 

 

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