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11/07/2018

La chapelle Saint Gabriel de Tarascon (13)

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Lors de notre séjour d'une semaine en Provence, en visitant divers lieux très intéressants, (je ferais des notes plus tard des diverses visites), au détour d'une route nous sommes tombés sur la Chapelle Saint Gabriel. Hélas, nous espérions pouvoir en visiter l'intérieur mais, comme très souvent on trouve porte close. Certaines chapelles ou églises sont d'ailleurs fermées suite aux actes de vandalismes, je comprends mais ça me fait râler quand même qu'a cause d’imbéciles on ne puisse pas voir l'intérieur. Nous n'avons pas vu non plus la tour carrée faute de temps, nous étions attendus. La chapelle est classée monument historique depuis 1840.

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Situé au Nord Ouest du département des Bouches du Rhône, le Parc naturel régional des Alpilles est au cœur du triangle d'or Crau Alpilles Camargue. La richesse de ce territoire repose sur une nature exceptionnelle, façonnée par l'homme.

10 site archéologiques des Alpilles à voir absolument :

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La beauté des paysages résulte d'un subtil équilibre entre une nature diversifiée et des activités humaines encore rurales et traditionnelles (oliveraies, haies de cyprès, vignes...). En étroite collaboration avec le Conseil général des Bouches du Rhône et l'ensemble des partenaires, le Parc naturel régional se mobilise jour après jour pour protéger, développer et valoriser ce territoire joyau de la Provence.

On se gare dans le parking sur le bord de la route aux pieds du chemin qui nous amène à la chapelle, elle est imposante et majestueuse avec à ses pieds des oliviers et des cyprès. Un panneau nous parle de la Chapelle Saint Gabriel. Sur le site antique réputé d'Ernaginum placé au carrefour des voies Aggripienne et Domitienne, devenu par la suite place forte médiévale, la chapelle Saint Gabriel du XIIe siècle et l'ancien château du XIVe siècle témoignent encore aujourd'hui du passé prestigieux des lieux. Chef d'oeuvre de l'art roman méridional, la chapelle offre en effet aux visiteurs un riche décor extérieur sculpté qui n'a pas encore livré tous ses mystères.

PLAN DE LA CHAPELLE

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Dès le premier Âge du Fer, des populations s'installent sur la colline, où des fonds de cabanes ont été mis au jour. Le site est en réalité occupé du VIe siècle avant J.-C. jusqu'à l'Antiquité tardive par une agglomération qui atteint son extension maximale au Ier siècle avant J.-C. Au VIIIe ou IXe siècle, une chapelle dédiée à Saint Philippe, détruite lors de l'aménagement de la D33 (parking actuel), aurait été édifiée antérieurement à la chapelle Saint Gabriel.

LA FAÇADE DE LA CHAPELLE

AVEC SON DOUBLE PORTAIL

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Les vestiges d'une nécropole ayant livré une centaine de sarcophages laisse penser à une réhabilitation d'importance du site à la période médiévale. Enfin, l'implantation, à l'époque moderne, de carrières de pierre au sud et au nord du site, a sans doute détruit nombre de vestiges.

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VISITE : L’ÉDIFICE

La façade de la chapelle Saint Gabriel est inspirée des décorations romaines du Bas-Empire. Elle est datée de 1180 par comparaison de son oculus avec la voussure du portail occidental de la cathédrale de Saint Paul Trois Châteaux, de la même main. Dans la partie supérieure, une archivolte originale entoure un oculus orné de feuilles et de masques, et flanqués des symboles des quatre évangélistes : Jean (l'aigle), Mathieu (l'homme), Luc (le taureau) et Marc (le lion), dont la disposition (avec le symbole de Jean placé en haut) est une réminiscence carolingienne. Cet oculus est modifié 1180 : précédemment, l'ouverture était fermée par une plaque sur laquelle se trouvait l'agneau pascal (aujourd'hui sur le fronton) contemplé par les têtes sur la bordure. Il s'agissait d'une représentation de la Jérusalem céleste.

L'OCULUS ET TÉTRAMORPHE 

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LA FAÇADE 

La partie basse est un hommage à Saint Gabriel. Un grand arc abrite la porte encadrée par deux colonnes surmontées d'un fronton triangulaire terminé par l'agneau pascal. Le fronton triangulaire repose sur deux colonnes dont on admire encore aujourd'hui les chapiteaux corinthiens, ornés de deux rangées de feuilles d'acanthes. Sur le fronton, la scène sculptée représente à gauche, l'Annonciation avec Marie et l'archange Gabriel et à droite, Marie et Elisabeth s'embrassant. Les personnages se trouvent dans un décor architecturé formé de trois arcades.

LE FRONTON TRIANGULAIRE

(avec l'Annonciation et la Visitation sous l'Agneau)

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L’INTÉRIEUR

L'intérieur de la chapelle, très dépouillé, se compose d'une nef unique partagée en trois travées voûtées terminées par une abside circulaire. On y trouve une inscription funéraire en hommage à Marcus Frontonus Eupor par son épouse Julia Nice, dont la traduction est la suivante : "Aux mânes de Marcus Frontonius Euporus, sévir augustal - un des six plus anciens membres du collège de la colonie Julia Augusta des eaux sextiennes (Aix), batelier marin d'Arles, patron des mariniers des Durances et de la corporation des utriculaires d'Ernaginum". L'existence de cette inscription prouve que le lieu fut la base d'une corporation d'utriculaires, qui assuraient le transport des marchandises sur des radeaux supportés par des outres gonflées (uter = outre).

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L'EXTÉRIEUR

L'abside de la chapelle est de plan pentagonal à l’extérieur et des piliers massifs contrebutent les arcs doubleaux intérieurs. L'édifice est remarquable de par ses proportions. Sur le premier contrefort, un cadran solaire encore visible : il s'agit d'un cadran réduits aux heures canoniales qui ponctuaient la journée du paroissien et de l'ouvrier (tierce, sexte et none).

LE CHEVET PENTAGONAL

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LA TOUR CARRÉE

Le petit chemin partant de l'abside de la chapelle conduit au pied de la tour médiévale. Construite sur deux étages voûtés en berceau, elle date sans doute du XIVe siècle mais la première mention du castrum de Saint Gabriel remonte à 1204. Les deux petites tours qui l'entourent défendaient probablement le pont qui traversait le fossé et l'intervalle entre les trois tours était autrefois occupé par un rempart.

DANIEL DANS LA FOSSE AUX LIONS ET ADAM ET ÈVE 

AUTOUR DE L'ARBRE ENTOURÉ DU SERPENT

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La description que fait Prosper Mérimée de la tour centrale dans ses Notes d'un voyage dans le midi de la France en 1835, est amusante : "une pierre de la tour principale porte une inscription de caractères hébraïques profondément gravés (...). On peut y voir le millésime 908, ce qui pourrait s'expliquer en supposant que la tour a été construite avec les débris d'un mur d'enceinte d'un cimetière juif ; ou bien y lire ce mot : HATHIQOM, c'est à dire : te vengeras-tu ? Dans ce cas, il serait possible que quelque juif prisonnier dans la tour ou opprimé par les chrétiens, eût exprimé son désespoir".

LE CHEMIN QUI MÈNE A LA TOUR CARRÉE

(il se trouve derrière la chapelle) 

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LES LIEUX SONT AUSSI DES LIENS

ET ILS SONT NOTRE MÉMOIRE

(Philippe Besson)

 

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